Évaluations externes certificatives, la fin de la récré doit sonner !

Le Comité des Élèves Francophones (CEF) a suivi avec consternation la saga des évaluations externes certificatives dans l’enseignement secondaire (CE1D et CESS) et du CE2D. Fuites des questionnaires, vente des questions à la sortie des écoles, annulation d’épreuves,… le CEF déplore qu’une nouvelle fois les élèves soient les premières victimes d’un système scolaire mal pensé.


Nous sommes en 2015 et tout laisse à croire que la Communauté française vient seulement de découvrir l’existence des réseaux sociaux et des smartphones. Le système mis en place pour l’organisation de ces épreuves relève d’un certain amateurisme au regard des enjeux annoncés.


Depuis des semaines, la pression monte et tout le monde se focalise sur l’enjeu de réussite de ces épreuves. Les élèves sont donc soumis à un stress intense que les péripéties de cette session ne font qu’augmenter, laissant en plus les élèves dans l’angoisse de la suite des événements et de la réussite de leur année.


Pour le CEF, c’est la question de l’utilité même de ces épreuves externes certificatives qui se pose aujourd’hui. A quoi veut-on qu’elles servent ? A remplir les pages des journaux de conseils en tout genre ? A rassurer les parents sur le niveau de leur enfant par rapport aux autres élèves ? A situer les établissements dans un classement sur le marché scolaire ? A démontrer de manière objective l’inégalité du système scolaire ? Ou bien est-ce qu’elles ont un véritable intérêt pédagogique ?


Pour le CEF, la réponse est claire : on ne peut pas faire reposer la réussite ou l’échec d’un élève sur un seul test qui ne fait, finalement, que pointer à quel point le système scolaire francophone est inégalitaire. Les fuites de ces derniers jours démontrent que la gestion de ces documents confidentiels n’est pas des plus rigoureuses et que le fait que ces épreuves se déroulent dans chacun des établissements et non dans un lieu plus centralisé, comme pour les épreuves du CEB, est sans doute un facteur trop favorable pour les personnes peu scrupuleuses qui ont été à l’origine de ces fuites.


Tous les élèves ne sont pas égaux devant l’épreuve externe certificative. Aujourd’hui, alors qu’une commission spéciale de l’éducation s'est réunie ce lundi dans l’urgence au Parlement de la Communauté française afin de faire la lumière sur la crise et la gestion de celle-ci, le CEF souhaite qu’une réflexion à plus long terme soit menée. Nous demandons une évaluation sereine de l’intérêt de ces épreuves pour les élèves d’ici trois ans afin de disposer de données objectives sur 3 cohortes d’élèves. Et au terme de cette évaluation, le CEF demande qu’on examine la possibilité de mettre plutôt en place une évaluation continue des acquis des élèves et un système de remédiation immédiate en cas de difficultés.


Enfin, à l’instar de la Ministre de l’Éducation, le CEF s’oppose également à la non réinscription ou à l’exclusion des élèves qui auraient partagé les questions avec leurs amis. Ces sanctions seraient totalement disproportionnées alors que ces élèves ne partagent absolument pas la même responsabilité que les personnes à l’origine de ces fuites.  

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